Programme

La liste « Corsci + » se veut représentative de la diversité du corps scientifique tant au niveau des facultés que des statuts, du genre, des profils et des parcours professionnels à l’ULB. Outre notre engagement à suivre et, au besoin, à améliorer les nouveaux statuts issus de la réforme de la gouvernance, notre candidature repose sur une volonté commune de porter à l’assemblée plénière des projets axés autour de quatre thématiques prioritaires :

+ de communication : connaître et comprendre son université

Informations disparates, annuaires électroniques incomplets, manque d’éclairage des chercheurs sur leurs droits et devoirs, sentiment d’isolement…autant d’obstacles à une réelle intégration des chercheurs dans la communauté universitaire et scientifique.

Pour y remédier, nous nous engageons à rendre accessibles les informations utiles et nécessaires aux chercheurs, notamment à travers :

  1. La création d’un « guide du chercheur » reprenant les informations principales sur les statuts des chercheurs ; leurs droits et devoirs ; les ressources mises à leur disposition dans le cadre de leurs recherches ; l’accompagnement psychologique et professionnel ; ainsi que les possibilités de financement de projets de recherche en Belgique et à l’étranger
  2. La tenue d’assemblées générales annuelles et l’organisation de réunions, thématiques ou générales, ouvertes à tous les membres du corps scientifique, pour servir de lieux d’échange privilégiés entre la base et les délégués du corps scientifiques
  3. La gestion active de diverses plateformes de communication (site, création d’un groupe Facebook, emails informatifs…) pour faire le relais entre les autorités et les membres du corps scientifique
  4. La traduction en anglais des communications officielles à destination du corps scientifique, au vu de l’internationalisation de l’université

+ d’épanouissement professionnel et personnel : le bien-être au travail au service d’une recherche et d’un enseignement de qualité

Une recherche et un enseignement de qualité passent par le bien-être professionnel et personnel du chercheur dans son environnement de travail. Le doctorat peut être une entreprise gratifiante, mais aussi être source de découragement, de perte de confiance en soi, de solitude, voire de dépression. Au-delà de la responsabilité du chercheur, du promoteur, du comité d’accompagnement et des écoles doctorales, l’Université peut jouer un rôle majeur dans l’épanouissement du doctorant à travers notamment :

  1. L’investissement de moyens supplémentaires dans la formation des chercheurs et des assistants, ainsi que dans la recherche de leur bien-être au travail. Ainsi, tout en saluant le développement d’initiatives offertes au corps scientifique (formations de la Cellule PRAC-TICE, séminaires Academic Writing, General Academic Presentation, etc.), nous souhaitons encourager leur multiplication, et ce tant en ce qui concerne leur capacité d’accueil que l’offre de choix.
  2. La mise en place de programmes de prévention de dépression et d’épuisement professionnel (burn-out) susceptibles d’être rencontrés dans la réalisation d’une thèse, et rendus obligatoires pour le promoteur afin que celui-ci soit apte à détecter des signes précoces d’épuisement professionnel. Dans le même esprit, des séances d’ergonomie permettraient de prévenir d’autres maladies professionnelles telles que le syndrome du canal carpien.
  3. L’objectivation des besoins et des clés de répartition de la charge d’encadrement confiée au personnel scientifique, afin d’éviter les surcharges et tendre vers une équité universitaire dans cette répartition.

+ de valorisation du chercheur et – de disparités entre les chercheurs

La Charte du doctorat et le Règlement du doctorat adoptés au cours de la législature précédente ont contribué à un effort de la clarification des droits et devoirs des chercheurs, du promoteur et du comité d’accompagnement de thèse, mais ils demeurent insuffisants pour protéger le chercheur contre tout traitement inéquitable lié à la diversité de statuts du corps scientifique.

Nous pensons que notre Université devrait favoriser la valorisation du chercheur, notamment à travers :

  1. La reconnaissance de l’accès des chercheurs aux comptes financiers de leur unité de recherche, comme une condition de confiance mutuelle entre les membres d’un centre d’accueil. La reconnaissance du rôle des chercheurs dans leur centre de recherche est actuellement à géométrie variable : d’un côté, ils sont soumis à une responsabilisation croissante dans la gestion de leur structure d’accueil ; de l’autre, ils n’en sont pas reconnus comme membres à part entière puisqu’ils n’ont aucun droit de regard sur les comptes financiers de leur unité et l’affectation de ses ressources.
  2. L’élimination des disparités de financement des crédits de fonctionnement susceptibles de nuire aux intérêts du corps scientifique. Le financement attribué aux chercheurs-assistants n’est à l’heure actuelle ni clair, ni transparent, ni équitable (crédit d’installation, crédit de fonctionnement…), au contraire des autres chercheurs boursiers, une situation qui aboutit à des déséquilibres injustes entre chercheurs.
  3. Une politique centrale de nomination prioritaire de professeurs titulaires d’une thèse de doctorat pour les postes à temps plein
  4. Une politique de protection réelle du doctorant contre la sous-traitance banalisée de tâches indûment déléguées au corps scientifique, qu’il s’agisse de tâches purement administratives ou de suppléances de cours intégrales, susceptibles de nuire à l’avancement prioritaire de sa thèse. La Charte du doctorat n’est pas suffisamment contraignante à cet égard.

+ de préparation pour la transition professionnelle post-académique : favoriser l’intégration professionnelle après le (post-) doctorat

Étant donné la carence de postes définitifs à l’ULB pour les chercheurs et les rares perspectives de stabilisation, la majorité des chercheurs passe par une transition professionnelle le temps de se réorienter vers d’autres secteurs professionnels. Or, la pression à l’internationalisation engendre des conséquences dramatiques pour le post-doctorant puisque les institutions principales qui financent des bourses de séjour à l’étranger aux chercheurs de l’ULB (Belgian American Educational Foundation, Fondation Wiener Anspach…) ne cotisent pas à l’ONSS. Cette situation entraîne la perte, partielle ou totale, des droits sociaux du chercheur (non comptabilisation pour la pension, droit au chômage réduit, etc.).

Au-delà du promoteur et du comité d’accompagnement, il est de la responsabilité de l’Université de donner effet à la Charte du doctorat en facilitant activement l’intégration professionnelle du corps scientifique après le doctorat, dans le milieu universitaire, mais aussi dans d’autres secteurs, notamment à travers :

  1. L’organisation de salons de l’emploi ciblés à destination des docteurs et représentatifs de toutes les facultés, ainsi que la multiplication de séances d’information sur les compétences valorisables sur le marché du travail et sur leurs droits sociaux après le (post-)doctorat (droit au chômage, valorisation de l’ancienneté, possibilités et conséquences de changement de statut au sein de l’ULB et d’appartenance à des corps différents…)
  2. L’adoption de mesures pour garantir que la pression à l’internationalisation ne nuise pas aux droits sociaux des chercheurs

Enfin, les perspectives de carrière du chercheur jouent également un rôle dans la capacité de l’Université à attirer ou à conserver des talents. À ce titre, nous serons particulièrement attentifs aux débats concernant les post-docs ULB, les différents types de bourses, le concours Premier Assistant, et les éventuelles répercussions du Plan stratégique sur l’ensemble du corps scientifique.

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